La planification des spectacles n’est pas bien gérée au Niger, c’est un fait.

Pour trouver une solution, le réalisateur Jaloud Tagui a saisi la balle au bond. Sur son compte Facebook hier, il a pris pour preuve la projection du film « La pardon » du cinéaste Boubacar Djingarey Maiga dont l’heure coincide presque avec la tenue d’un spectacle d’humour d’Haraka Comedy Club.

« Bon s’il vous plaît, déjà il manque de spectacles à Niamey, on a la chance d’en avoir et on sera confronté à choisir entre deux spectacles qu’on aime? Les Promoteurs de spectacles/événements du Niger (association et syndicats), doivent pouvoir aider les organisateurs à s’accorder sur les dates et les heures de leurs événements. Que l’un ne gêne pas l’autre idéalement car Niamey est une grande ville avec le meme cercles et public pratiquement pour les spectacles/événements.

Je propose aux deux promoteurs se convenir et revoir les heures si possible. Qu’elle est le rôle de l’Agence de Promotion des Entreprises et Industries Culturelles du Niger (APEIC) ici? » questionne-t-il.

Ce post a connu plusieurs commentaires et pas des moindres. Tout d’abord celui du cinéaste Boubacar Djingarey Maiga qui comprend le post de son collègue mais n’y trouve pas d’inconvénient. « Tout à fait raison Jaloud Zainou Tangui.. J’ai lancé mon événement deux semaines après ils ont lancé aussi. Je me rappelle en 2018 je m’apprêtais à sortir ma série quand tu as lancé ton film le mil de la mort. Tout de suite j’ai décalé mon événement pour 3mois. Mais, je me dis que eux c’est de l’humour et pour moi le cinéma. Niamey est assez peuplé chacun trouvera son compte c’est sûr, » a-t-il commenté.

Plus tard, c’est l’un des organisateurs du spectacle d’humour qui donne aussi son point de vue. « Merci pour cette analyse DG Jaloud Zainou Tangui. Effectivement, comme le dis mon frère Boubacar Djingarey Maiga sans doute que ce n’est pas le même public. Mais j’ai envie d’ajouter que les heures ne sont pas les mêmes. Il y aura 2 projections pour le film et je pense que ceux qui suivront celle de 19h pourront enchaîner pour le spectacle à Radisson. Moi personnellement j’irai regarder la 1ere projection incha Allah. Mais je suis d’accord qu’il nous faut à l’avenir être plus regardant par rapport aux dates pour l’organisation de nos événements. Incha Allah toutes les salles seront pleines et que VIVE LA CULTURE NIGERIENNE! »

Quid de l’organisation faitière ?

Dans son post, le cinéaste Jaloud Tangui a pointé du doigt le rôle de l’Agence de Promotion des Entreprises et Industries Culturelles du Niger (APEIC). Et le constat est là.

Pour avoir un regard extérieur, la rédaction a questionné un acteur culturel local pour en savoir davantage sur la question de la planification des événements. Celui-ci a préféré gardé l’anonymat mais confirme le manque de planification et même d’organisation entre les acteurs. « Si c’est deux événements cinéma, on peut comprendre, ce n’est pas le cas. Pour moi, il y a pas de souci dans ce cas d’exemple. Il n’est pas évident que les gens aiment les mêmes choses, même si c’est artistique, » a-t-il répondu en ajoutant que les acteurs culturels manquent d’unité de voix.

« Je pense qu’il faut fédérer tout ca de sorte qu’il y ait un organisme qui régule ca. Il y a le FNAC (Fonds national d’art contemporain, ndlr) l’organisation faitière qui régule et elle doit tenir un planning annuel, » a-t-il poursuivi.

« L’autre défi, c’est que la majorité de ces événements ne sont pas programmés, il y a 6 mois par exemple. Ce sont des événements organisés durant lesquels les promoteurs saisissent une opportunité parce qu’il y a la fête. Si on connaissait depuis le 1er Janvier 2021, les événements qui allaient se passer, il est facile de pouvoir organiser cela de sorte que chacun ne fasse de l’ombre à l’autre,» avise-t-il.

« Autrement dit, l’organisation faitière ne peut pas s’ingérer comme cela dans la mesure où les promoteurs culturels ne sont pas régulièrement déclarés et identifiés. Il y a plein qui ont leur NIF et numéro de promoteur culturel, mais qui ne sont pas affiliés à une structure, » a-t-il conclu.

C’est dire que la rigueur de la planification dans le monde de l’événementiel vue et enviée d’autres pays comme la Côte d’ivoire par exemple a de beaux jours pour être matérialisée au Niger.

Abdoulaye Ali

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