Enfin au lit et fourbu(e) après une grosse journée, vous vous jetez enfin dans les bras de Morphée quand soudainement, une horrible sensation de chute dans le vide vous réveille. Le phénomène serait-il dû à un début de rêve particulièrement mouvementé ? Pas du tout : "Lorsqu’on est éveillé, notre tonus musculaire est à un certain niveau. Mais lorsqu’on s’endort, il baisse progressivement, explique le Dr Royant-Parola. Et chez certain(e)s, ce tonus peut lâcher plus rapidement, et donner l’impression que votre jambe se dérobe. Vous vous sentez donc tomber. Et parfois, cela peut même provoquer un sursaut brutal. C’est très neurophysiologique en arrière-plan, et cela varie beaucoup d’un individu à l’autre."

Le grand duel des forces de l’éveil et du sommeil

Si nous ne sommes pas égaux face à ce phénomène, nous ne le sommes pas non plus, de façon plus générale, face à l’endormissement. Tout dépend, à vrai dire, de la façon dont votre cerveau gère le rapport de forces propre à cette phase : "Au moment de s’endormir, vous allez avoir toute une succession de paramètres qui vont se renforcer, et d’autres s’inhiber , poursuit l’experte. Les premiers, ce sont les forces du sommeil, et les seconds, les forces de l’éveil. Les deux correspondent à de nombreux mécanismes neurochimiques impliquant des sécrétions d’hormones ou encore l’action de neuromédiateurs comme la sérotonine, mais de façon schématique, disons que le sommeil prend le dessus uniquement quand les systèmes d’éveil s’allègent. Et chez certaines personnes, cela peut être particulièrement long. Il leur faut parfois une énorme privation de sommeil pour que le match bascule en faveur du repos."

Que faire pour trouver le sommeil facilement ?

Cela paraît tout bête, mais il est nécessaire, avant toute chose, d’avoir vraiment sommeil, parce qu’il ne se provoque pas, mais surtout d’aller au lit au bon moment. "Et le vôtre n’est pas celui d’un(e) autre. On peut avoir une typologie de sommeil différente si on est du matin ou du soir, par exemple. Si vous êtes plutôt dans le second camp, et que vous allez au lit trop tôt, par exemple à 22h30, vous ne trouverez pas le sommeil. Ce qui vous énervera, et ne fera qu’empirer les choses… Il faut donc apprendre à se connaître, et savoir exactement de quelle quantité de sommeil on a besoin, ce qui n’est pas toujours facile ! »

Par ailleurs, d’autres facteurs peuvent favoriser un début de nuit relativement paisible. "Commencez par éviter d’enchaîner les activités très prenante une heure avant d’aller vous coucher, et tout particulièrement celles qui impliquent des écrans. La stimulation visuelle va donner à votre cerveau l’impression qu’il fait jour. Il ne sécrètera donc pas de mélatonine, et vous trouverez difficilement le sommeil. Mais c’est surtout vrai pour les écrans qui sont proches des yeux. Pas nécessairement celui d’une télé, même si un film stressant peut vous empêcher également de dormir rapidement."

D’autre part, essayez de dormir dans une chambre silencieuse, noire et fraîche, entre 18 et 20° grand maximum, la chaleur étant également un obstacle au sommeil. "Mais votre propre température joue aussi. Si vous faites du sport le soir, par exemple, vous allez la faire augmenter, et cela aura le même effet." Bref, vous l’aurez compris : pour dormir mieux et plus vite, l’important est de s’écouter, de n’utiliser son téléphone au lit que pour régler son réveil, et surtout de ne pas courir un semi-marathon avant de se glisser sous la couette !

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