MESSAGE DE S.E M. LE PRESIDENT MAHAMANE OUSMANE SUITE A LA PROCLAMATION DES RESULTATS PAR LA COUR CONSTITUTIONNELLE DU 21 MARS 2021

Nigériennes, Nigériens,
Mes chers compatriotes,

La Cour Constitutionnelle a proclamé nuitamment le dimanche 21 mars 2021 les résultats définitifs du second tour de l’élection présidentielle du 21 février.
En procédant ainsi, la Cour Constitutionnelle s’est placée, de fait, au-dessus de la volonté populaire, violant ainsi les dispositions des lois et règlements, plus particulièrement de la constitution, de laquelle elle tire sa légitimité et ses prérogatives.
En effet, comment comprendre, que la Cour Constitutionnelle proclame les résultats définitifs d’une élection alors-même que l’instruction de la requête soumise à elle, n’est pas terminée, car :
Nous n’avons pas reçu notification pour le dépôt de nos observations sur la réplique des conclusions déposées par les conseils du candidat Bazoum Mohamed en violation flagrante des dispositions des articles 105 à 111 du code électoral régissant cette procédure.
En conséquence, nos réclamations n’ont pas été traitées ;
En vertu de notre demande préalable d’avant dire droit apposée au pied de la requête de notre réclamation adressée à la Cour Constitutionnelle le 08 mars 2021, le Conseiller rapporteur qui doit instruire le dossier n’a pas auditionné les personnes : membres des bureaux de vote et délégués des circonscriptions querellées, que nous avons souhaité qu’elles soient écoutées en application des dispositions de l’article 44 et suivants de la loi N° 2012-35 du 19 juin 2012 déterminant l’organisation, le fonctionnement et la procédure à suivre devant la Cour Constitutionnelle ;
En sus de la violation de cette procédure d’instruction, la Cour s’est précipitée pour expédier, très rapidement, le présent contentieux électoral avant le délai butoir du 26 mars 2021, toute chose qui constitue un déni de justice.
Il est de jurisprudence constante de la Cour Constitutionnelle elle-même, que les réclamations sont d’abord vidées et sanctionnées par un arrêt précédant, toujours, celui de la proclamation des résultats définitifs.
Mes chers compatriotes
Considérant le préambule de la constitution de la République du Niger, le peuple nigérien souverain :
Résolu à consolider les acquis de la République et de l’indépendance nationale ;
Résolu à bâtir un Etat de droit garantissant l’exercice des droits et libertés individuels et collectifs d’une part et d’autre part d’une justice libre et indépendante ;
Profondément attaché aux principes de la démocratie pluraliste ;
Réaffirmant son opposition absolue à tout régime politique fondé sur l’oppression, la dictature, l’arbitraire, l’impunité, l’injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, l’ethnocentrisme, le népotisme, le pouvoir personnel et le culte de la personnalité.
Et en vertu du choix librement exprimé sur ma modeste personne par ce même peuple comme Président élu, Nous ne pouvons pas accepter que notre victoire soit confisquée par une oligarchie dans le but de se maintenir au pourvoir coute que coute.
Nigériennes, nigériens
Mes chers compatriotes
Au regard de tout ce qui précède, notamment :
La non notification pour le dépôt de nos observations qui constitue une violation de la procédure d’instruction prévue par les articles 105 à 111 du code électoral,
Le refus d’auditionner les témoins oculaires,
Les substitutions des vrais membres des bureaux de vote par des nouveaux qui n’ont pas prêté serment et n’ont pas été formés non plus,
Les braquages d’urnes,
Les remplissages automatiques des procès verbaux ;
La précipitation de la proclamation des résultats définitifs avant la date butoire du 26 mars 2021.
Nous demandons conséquemment :
Aux parlementaires de la coalition CAP 20-21, ACC, FRC et Alliés de s’abstenir à participer à la cérémonie d’installation du parlement de ce lundi 22 mars 2021.
Au peuple nigérien souverain, sans délai, de se mobiliser, comme un seul homme, dans la fraternité et la cohésion nationale pour défendre sa souveraineté à travers une marche démocratique, pacifique sur l’ensemble du territoire national et faire échec par tous les moyens de droit à cette tentative d’usurpation du pouvoir ;
Aux corps diplomatiques accrédités dans notre pays, de soutenir la lutte du peuple nigérien meurtri, en vue du triomphe de la vérité, de la démocratie, de la république, pour la paix et la sécurité au Niger et dans la sous-région;
Aux corps constitués et aux Forces de défense et de sécurité de soutenir la lutte du peuple nigérien et de n’obéir à aucun ordre manifestement illégal et de surcroit, donné, par une autorité elle-même illégale et illégitime.

Vive la République
Vive la Démocratie et l’Etat de droit
Pour que vive un Niger de justice, de paix, uni, laborieux et prospère.

Je vous remercie.

Fait à Niamey, le 22 mars 2021