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Inhumation vendredi dernier à Mainné-Soroa du Brigadier-Chef Almoctar Alkabouss, tombé lors de l’attaque de la ville, jeudi dernier, par des présumés membres de l’ISWAP, une faction de Boko Haram. DR

Le début du mois sacré de Ramadan a été  marqué par plusieurs attaques terroristes dans les localités de Mainé Soroa (Diffa), jeudi dernier, et à Gaigorou (Tillabéri), hier samedi. Des attaques menées par des individus armés qui ont fait plusieurs morts, majoritairement des civils, et qui témoignent de la capacité d’actions des groupes terroristes qui opèrent dans ces deux  principaux foyers d’insécurité au Niger.

Pas de trêves de Ramadan pour les groupes terroristes qui menacent depuis quelques années le Niger au niveau des deux principaux foyers d’insécurité du pays: la région de Tillabéri au nord-ouest du pays près de la frontière malienne au niveau de la zone des trois frontières où s’active principalement l’EIGS, et celle de Diffa, dans l’extrême sud-est du pays, dans le bassin du Lac Tchad où opèrent Boko Haram et ses différentes factions.

Depuis le début du mois sacré, il y a moins d’une semaine, plusieurs attaques menés par des individus armés et suivant un mode opératoire bien huilé, ont été enregistrées dans ces zones avec à la clé des victimes notamment des civils.

Samedi 17 avril alors que les populations se préparent à la rupture après une journée de jeune sous un soleil de plus de 40 degrés, des assaillants armés ont investi le village de Gaygorou, à quelques kilomètres du chef lieu de commune de Dessa, sur la route reliant Tillabéri à Ayerou, en direction de la frontière malienne. Les assaillants étaient venus à moto et le bilan, encore provisoire, fait état d’au moins une dizaine de victimes civiles ainsi que des dégâts importants notamment des maisons et des greniers incendiés. Ils ont profité de l’effet surprise en frappant au moment où plusieurs personnes étaient rassemblées pour un enterrement dans le village.

Jeudi dernier, c’est cette fois la localité de Mainé-Soroa Maine-Soroa, située à 70 kms à l’ouest de Diffa sur la RNI1, qui a été une nouvelle fois la cible d’une attaque terroriste menée par des présumés membres de la secte ISSWAP, une faction de Boko Haram affiliée à l’Etat Islamique. L’assaut a commencé aux environs de 20h00, quelques heures après la rupture du jeune,  et les habitants ont été surpris par les bruits assourdissants des tirs à l’arme lourde en plusieurs endroits de la ville.

Selon des sources locale,  l'attaque a été simultanément menées  contre différentes positions des Forces de défense et de sécurité (FDS) notamment de la Police, de la Garde, de la Gendarmerie et de la Douane mais aussi la Prison civile. Les assaillants qui seraient venus à bord de plusieurs véhicules, selon les mêmes sources, ont réussi à s'infiltrer dans la ville en contournant le dispositif de la Force mixte multinationale (FMM) qui est  stationné au sud de la ville. Apres presque une heure d’échanges de tirs, les assaillants se sont repliés. Le bilan encore provisoire de l’attaque est d’un (1) douanier tué, le Brigadier-chef Almoctar Alkabouss, et un soldat de la Garde nationale (GNN) blessé. Dans les premières heures ayant suivies l’attaque, deux (2) douaniers ont été portés disparus et des dégâts importants enregistrés. Les assaillants se sont, en effet, emparés de quatre (4) véhicules de la Police dont trois (3) Toyota Pick Up et un (1) véhicule Hilux de Commandement ainsi que deux (02) véhicules de la Douane (Toyota Pickup). Aussi, les mêmes sources locales rapportent que des munitions 7-62 long pour M80 ont été abandonnées par les assaillants qui sont repartis en direction du sud,  vers la zone de la Komadagou.

Il faut noter que c’est la seconde attaque meurtrière de Boko Haram qui cible Mainé-Soroa en quelques semaines. La dernière s’était soldée par la mort de quatre (4) gendarmes ainsi que la saisie par les assaillants de véhicules militaires et de munitions. Depuis, ils ont continué à mener des attaques sporadiques détruisant les réseaux de télécommunications de la zone ainsi que le matériel de la Nigelec, la société de production et de distribution d’électricité. Le dispositif militaire a été de ce fait renforcé mais tout le long de la frontière avec le Niger, la secte et ses différentes factions, qu’on disait un temps affaiblies, semblent avoir retrouvé de nouvelles capacités opérationnelles comme en témoignent les assauts contre l’armée et les localités nigérianes de ces derniers jours à Damassak, qui est située sur la frontière entre les deux pays. Des attaques qui ont provoqué une nouvelle vague de réfugiés et de déplacés à Diffa, en provenance du Nigeria.

Ce début de Ramadan meurtrier vient amplifier les risques de la dégradation du contexte sécuritaire au Niger. Un véritable défi pour les nouvelles autorités qui doivent prendre les mesures d’urgence nécessaire pour atténuer le calvaire des populations déjà meurtries par plus de cinq années d’une guerre importée qui a déjà assez fait de victimes…

Ikali Dan Hadiza (actuniger.com)