Agenda Niamey : Bonjour Fiac Sy

Fiac Sy : Bonjour Agenda Niamey et bonjour à tout le monde

Agenda Niamey : Présente-nous ton EP (mini album). Quelles sont les grandes lignes

Fiac Sy : Mon EP est composé de 4 titres. Les grandes lignes c’est qu’il y a une chanson sur laquelle je n’ai pas utilisé d’instruments, j’ai utilisé ma bouche pour faire la trompette et pour faire quelques percutions aussi. Et cette chanson, c’est la chanson « Qui est qui » et qui parle d’une quête perpétuelle dans laquelle l’humain est.

J’expliquais dans cette chanson que chaque fois que tu trouves quelque chose que tu cherches, il y a toujours un autre besoin qui se crée.

J’ai travaillé avec un musicien touareg sur un texte de slam, c’est une espèce de berceuse acoustique super chouette. J’ai aussi invité sur la chanson « béré » trois musiciens.

Il y a le gourmi qui est un instrument traditionnel à deux cordes, il y a la calebasse qui est mon instrument fétiche et il y a la guitare solo à la mode du style tradimoderne du Niger. Il y a cette touche particulière qui est du hip-hop mélangé et à la fin j’essaie de faire un truc afro pop music nigérienne moderne qui est assez forte. Aussi j’ai invité quelques choristes pour pouvoir donner quelques harmonies à certaines parties de mon EP.

L’une des grandes lignes c’est que j’ai invité le public à participer à l’échelle mondiale, donc les gens m’ont envoyé des petites vidéos dans lesquelles ils me disent ce qui est le bonheur pour eux dans leurs langues. Donc sur cette chanson qui est titré « Le bonheur », vous allez avoir plus de douze langues différentes. Pour moi c’est exceptionnel, c’est une force.

Agenda Niamey : Pourquoi selon toi la musique nigérienne a du mal à s’imposer dans la sous-région ?

Fiac Sy : Sur un premier plan, je pense que c’est parce que les gens ne connaissent pas trop l’importance, l’apport de la culture. Que ce soit l’apport spirituel, social, économique ou l’apport intellectuel de la culture et des arts, donc il y a ce problème.

Mais il y a aussi l’autre problème, je n’indexe pas mais je pense que l’Etat devrait jouer un rôle très très important dans la promotion des œuvres et dans la formation qui est très importante mais qui manque beaucoup, dans l’accompagnement aussi. C’est vraiment très important, moi j’ai toujours dit qu’il y a des artistes très talentueux au Niger mais il manque juste un accompagnement concret. A part les jeunes comme Barakina, comme MDM Crew, comme Art discs records qui ont des labels, il n’y a pas vraiment un label concret qui s’installe ici. Quand je dis concret c’est-à-dire avec vraiment un financement énorme pour accompagner les artistes. Je pense que cela freine beaucoup la musique nigérienne à s’imposer.

Il y a aussi ceci que je dis souvent, c’est que tant qu’on n’aura pas des animateurs qui auront envie d’être des animateurs internationaux, tant qu’on n’aura pas des journalistes culturels qui auront envie d’être des journalistes culturels internationaux, tant qu’on aura pas un média qui a envie d’avoir une grande audience, tant qu’on aura pas un public qui a envie de se retrouver culturellement, de se sentir culturellement, tant qu’on aura pas un Manager qui a envie de devenir un Manager international, tant que toutes ces chaînes ne seront pas composés, je pense que c’est un frein.

Agenda Niamey : Fiac Sy, merci.

Interview réalisée par Abdoulaye Ali

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