Déclaration du Général Abou Tarka : la polémique enfle sur les réseaux sociaux; où est la part de vérité?

Toute la journée du lundi 11 janvier 2021, il peut être constaté sur les réseaux sociaux une effervescence de commentaires, due à une vidéo d’une déclaration du Général Abou Tarka, Haut-Commissaire à la restauration de la paix. Une déclaration qui n’est point restée inaperçue, et dont on peut lire sur la plus part des commentaires, [...] L’article Déclaration du Général Abou Tarka : la polémique enfle sur les réseaux sociaux; où est la part de vérité? est apparu en premier sur Niamey Info.

Déclaration du Général Abou Tarka : la polémique enfle sur les réseaux sociaux; où est la part de vérité?

Toute la journée du lundi 11 janvier 2021, il peut être constaté sur les réseaux sociaux une effervescence de commentaires, due à une vidéo d’une déclaration du Général Abou Tarka, Haut-Commissaire à la restauration de la paix. Une déclaration qui n’est point restée inaperçue, et dont on peut lire sur la plus part des commentaires, être jugée des propos « ethnocentriques, tribalisme… ».

Comme bon nombre d’internautes africains, les Nigériens s’en donnent à cœur joie sur les réseaux sociaux pour échanger et commenter l’actualité nationale. Durant cette période électorale, ils se font particulièrement actifs et sont à l’affût de la moindre déclaration « croustillante », qui pour la critiquer, qui pour la défende selon le « bord » auquel on appartient. La récente déclaration du Général Abou Tarka n’a pas échappé au scanner des « snipers de la toile ».  Pour exemple,  ce commentaire vient de l’un des influenceurs très suivi par les Nigériens : « Voici l’une des conséquences de la promotion de la médiocrité, quand tu es parachuté du grade de Commandant au grade de Général en six ans avec un sentiment de revanchard, ça ne peut que donner ce résultat….S’il avait fait l’école de guerre ça n’allait pas communiquer comme ça en tant de guerre. Il y’a quelques jours j’interpelais les uns et les autres sur la nécessité d’arrêter les propos xénophobes, au nom de la cohésion nationale. Hélas les maux viennent du sommet. L’armée nigérienne mérite mieux ».

Comme on pouvait s’y attendre, certains commentaires soutiennent un autre facette et pour ces derniers, les détracteurs du Général ne jugent qu’une partie de l’histoire, ce qui les pousse à déformer ses propos. « Arrêtez de nous prendre pour des analphabètes ou des gens qui ne comprennent absolument rien. Qu’a dit de mal le Général ici ??? Quand il a cité des noms des peulhs et des djermas est ce que il a indexé toutes les deux communautés ? S’il vous plaît arrêtez d’ethniciser les propos du Général, le discours est là ,et en français facile il ne faut pas que pour assouvir vos soifs de voir ce pays s’embraser que tout est permis. Le discours du général est là et en intégralité je n’ai rien déformé, tout ce qu’on vous demande c’est une lecture attentive » déplore un autre internaute. « Il faut l’intégralité du discours du général Abou Tarka pour comprendre sa cohérence. Il a fait un bon discours sans équivoque et il n’a indexé personne. Il faut l’écouter intégralement. Je savais que l’élément premier était incomplet. De grâce écoutez attentivement ce discours !!!!! » rajoute un autre.

Pour se faire soi-même une idée lire dans les lignes qui suivent la déclaration du Général Tarka sur la vidéo en question :

« Les attaques se sont raréfiées sur les militaires, mais elles ont redoublées sur les civils. Cette situation a provoqué je l’ai dit, une catastrophe humanitaire avec les déplacements des populations et désorganisé de manière durable, les rapports sociaux dans les communautés affectées,  quelle est la situation aujourd’hui ? Et quels sont les défis de la zone ?  C’est à ces questions que nous allons essayer de répondre. Permettez-moi de faire  mon diagnostic rapide : le premier défi qui découle de cette situation est le défi de la protection de la population, c’est un défi immense qui demande de notre côté une réflexion approfondie pour trouver de solutions originales, car on ne peut pas mettre un militaire dans chaque village, ensuite il faut reconnaitre que les moyens militaires lourds sont de peu d’efficacité par rapports à de petits groupes  de motos qui surgissent de nulle part  et qui se dissipent rapidement , se fondent dans la brousse,  ou se déguisent cyniquement en civil, avec l’objectif de provoquer une réaction violente et indiscriminé  des forces de l’ordre contre les populations. Car le but des terroristes  est de décrédibiliser l’Etat et ses démembrements,  de provoquer des accusations d’exactions  pour lier les mains des forces de sécurité, les neutraliser,  et ainsi les opposer aux communautés, leurs buts est également de montrer aux populations par des actes de terreurs permanents que l’Etat et les militaires ne peuvent pas les protéger. De faire en sorte que la seule garantie de sécurité est une soumission à leur volonté. Cette stratégie leur permet de recruter facilement les jeunes de toutes les communautés. Certes et cela est indéniable, les principaux lieutenants de Abouwalid el Sahraoui étaient tous des nigériens issus de la communauté peulh… et ce n’est un secret pour personne, il s’appelle (noms des concernés) et j’en passe. Mais aujourd’hui  grâce à la terreur exercée sur les villages des centaines des jeunes des autres communautés les ont rejoints. Les nouveaux chefs des terroristes s’appellent, Hamidou Hama dit May Touwo qui aura dirigé  les massacres de Tchombangou, Zaroumadarèye et son frere Tondi Hama Wassakoyzé  tous de Tingara ou encore ceux originaires de Tongo-Tongo…tous sont des Zarma, et sont des terroristes recherchés. Au Niger donc, la guerre qui se déroule, est une guerre entre les terroristes et le gouvernement. Ce n’est ni une guerre entre des communautés, ni une guerre dans laquelle le gouvernement défend une communauté, et en opprime une autre. Que cela soit claire, dans notre République, la stigmatisation des communautés n’a pas de place. La république est inclusive, elle est aveugle à l’origine ethnique de l’individu, la responsabilité des terroristes est et demeure individuelle, elle ne s’étend pas à leur ethnie. Le deuxième défi lié au premier est de permettre aux populations de gagner leurs villages, leurs campements, leurs lieux de cultures, leurs pâturages ; afin de soustraire à la dépendance humanitaire et de reprendre leur sort en main…bref de développer leurs résiliences car l’expérience de la région de Diffa, nous montre que les camps de réfugiés deviennent très vite des repères des terroristes, des bandits et des voleurs. Nous ne voulons pas reprendre dans la région de Tillabéry l’erreur de la région de Diffa… ».

Voilà qui est dit.

Fatouma Akiné pour niameyinfo.

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